Facebook Pixel
Enfant

Les compléments alimentaires pour les jeunes: une affaire de bon sens ou d'argent inutile ?

Dès que les adolescents peuvent décider eux-mêmes de ce qui se trouve dans leur assiette, ils préfèrent souvent manger des frites et autres produits similaires plutôt que des légumes sains. Il est donc compréhensible que certains parents souhaitent donner à leurs enfants des vitamines et des oligo-éléments sous forme de compléments alimentaires. Mais sont-ils vraiment utiles - ou peuvent-ils même être nuisibles ?

Complément alimentaire pour les adolescents

Le désir de se muscler rapidement peut conduire les jeunes à consommer sans discernement des compléments alimentaires. Photo: lulian Valentin/iStock, Thinkstock.

Le marché des compléments alimentaires est en plein essor. Les produits tels que les comprimés de vitamines, les boissons sportives isotoniques, les shakes protéinés ou les boissons lactées probiotiques sont particulièrement populaires auprès des jeunes. Selon une étude menée en 2015 par Promotion Santé Suisse sur le thème de l'image corporelle, 13 % des garçons adolescents prennent des compléments alimentaires.

Mais les jeunes ont-ils vraiment besoin de vitamines et de minéraux artificiels? "Non", répond Sabine Oberrauch, chargée de projet et conseillère experte auprès de la Société suisse de nutrition (SGE). "Une alimentation équilibrée et variée assure un apport suffisant en nutriments."Selon le Département fédéral de l'intérieur (DFI), les compléments alimentaires sont des produits qui "contiennent des vitamines, des minéraux ou d'autres substances ayant un effet nutritionnel ou physiologique sous forme concentrée et servent à compléter l'alimentation par ces substances". Ces produits sont disponibles sur le marché sous forme de gélules, de liquide ou de poudre.

Les compléments alimentaires pour les adolescents ne sont pas nécessaires

Les garçons sportifs, en particulier, sont souvent en désaccord avec l'expert sur la nécessité de ces compléments. Ils espèrent se muscler plus rapidement avec l'aide de compléments alimentaires. "Il est vrai que le besoin énergétique augmente lors d'une activité sportive intensive. Mais cela peut être couvert par une alimentation équilibrée", explique Sabine Oberrauch. Les produits sportifs spéciaux tels que les protéines en poudre, les barres énergétiques, les comprimés de vitamines et de minéraux ne sont pas nécessaires. Au contraire, ils pourraient même constituer une charge indésirable pour le métabolisme. "Les sportifs de loisir n'ont pas non plus besoin d'une alimentation spéciale, comme des produits contenant une portion supplémentaire de protéines" En revanche, il est important que les jeunes aient une alimentation équilibrée et variée, selon la pyramide alimentaire suisse.

Pyramide alimentaire

La pyramide alimentaire de la Société Suisse de Nutrition. pd/SGE.

La Société suisse de nutrition sportive (SSNS) a également élaboré une pyramide alimentaire spéciale pour les sportifs. La SSNS est une association fondée en 2014 au sein de laquelle des experts scientifiquement actifs échangent et fournissent des informations sur le thème de la nutrition sportive.

Pyramide alimentaire

Pyramide alimentaire pour les sportifs. Photo: pd/SGE.

Quand les jeunes mangent trop peu de fruits et légumes

Mais que faire si les jeunes mangent peu ou presque pas de fruits ou de légumes? "Tous les groupes d'aliments, et pas seulement les fruits et légumes, fournissent des nutriments importants tels que les vitamines et les minéraux", rassure Mme Oberrauch. Les parents qui ne sont pas certains que leur enfant reçoit tous les nutriments dont il a besoin peuvent trouver de l'aide dans les conseils en nutrition. Le médecin peut également déterminer si l'enfant est bien approvisionné en substances vitales en effectuant une numération sanguine.

Les végétaliens peuvent avoir besoin de compléments alimentaires

"Les compléments alimentaires pour les jeunes sont utiles s'ils sont utilisés spécifiquement dans le cas d'une carence identifiée", explique Mme Oberrauch. Par exemple, un faible ensoleillement et un mode de vie végétalien peuvent être à l'origine d'une carence.

Régime végétalien :

Un régime restrictif comme celui des végétaliens donne aux suppléments une raison d'être. "Les jeunes qui suivent un régime strictement végétalien n'absorbent pas la vitamine B12. Cela doit inévitablement être complété", déclare Sabine Oberrauch.

Un peu de soleil :

Pour les jeunes qui prennent peu l'air en hiver, une supplémentation en vitamine D, par exemple avec des aliments enrichis ou des compléments alimentaires, peut être utile. La vitamine D est une hormone, dont 80 à 90 % est formée sur la peau sous l'influence des rayons UV-B du soleil et n'est que marginalement absorbée par l'alimentation. "La question de savoir si un complément est nécessaire doit être clarifiée lors d'une consultation avec le médecin", précise Mme Oberrauch. En cas de surdosage persistant sur une longue période, des risques pour la santé tels que des troubles électrolytiques dus à une augmentation du taux de calcium dans le sang ou des calculs rénaux pourraient apparaître.

Les compléments alimentaires destinés aux jeunes peuvent être dangereux

Le large éventail de compléments alimentaires peut conduire les jeunes à une consommation non critique. La Société suisse de nutrition sportive cite Ron Maughan, directeur du diplôme de nutrition sportive du Comité international olympique (CIO), à ce sujet. Il commente: "Si un supplément fonctionne, il est probablement interdit. Si ce n'est pas interdit, c'est que ça ne marche probablement pas". La société poursuit en soulignant que

  • l'avantage promis n'est souvent pas vrai
  • les moyens sont souvent un gaspillage de ressources financières et de temps
  • et que les suppléments réduisent les performances en raison d'une utilisation incorrecte.

"Les conséquences sur la santé n'ont pas encore été entièrement clarifiées", déclare Sabine Oberrauch. Elle n'exclut pas qu'une surdose permanente - selon le nutriment - ait un effet négatif sur la santé. "Par exemple, un excès permanent de protéines peut mettre les reins à rude épreuve", explique-t-elle.