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Résilience: comment les enfants apprennent à faire face aux situations difficiles

Certains enfants grandissent dans des conditions difficiles. Comment peuvent-ils développer la résilience, c'est-à-dire devenir résistants et se développer positivement malgré des circonstances défavorables? Le psychologue fribourgeois Fabian Grolimund explique comment les adultes peuvent aider.

Résilience: les enfants peuvent apprendre à bien gérer les situations difficiles.

Résilience: les enfants peuvent faire preuve d'une force inattendue. (Image: PeopleImages/E+, Getty Images Plus)

Pauvreté, négligence, maltraitance, troubles psychiques des parents, milieu criminel, - les enfants peuvent-ils seulement se développer de manière positive ?

Fabian Grolimund: Les enfants issus de familles à haut risque ne développent pas nécessairement des problèmes ou des troubles psychiques, c'est ce qu'ont montré des études scientifiques. L'étude la plus connue, dite de Kauai, menée par la psychologue Emmy Werner de l'Université de Californie, montre qu'environ un tiers des enfants exposés à quatre des facteurs à haut risque ou plus évoluent néanmoins de manière positive. Cela signifie qu'ils réussissent à l'école, qu'ils ont des relations stables à l'âge adulte, qu'ils vivent conformément à la loi, qu'ils sont intégrés dans la vie professionnelle et qu'ils ont une grande satisfaction de la vie.

En quoi les enfants qui deviennent des adultes en bonne santé mentale se distinguent-ils des enfants qui se brisent face à de tels défis ?

Ils disposent d'une résilience, c'est-à-dire d'une force de résistance particulière. Les prédispositions de l'enfant, mais aussi l'environnement, contribuent à cette résilience. Les prédispositions et l'environnement s'influencent mutuellement. Par exemple, les nourrissons au tempérament simple ont tendance à devenir des adolescents résilients, notamment parce qu'ils pleurent peu et dorment bien, qu'ils poussent moins leurs parents à bout et que ceux-ci peuvent plus facilement réagir de manière positive.

Les parents sont souvent conscients des circonstances difficiles dans lesquelles leur enfant grandit, sans pouvoir les changer. Que peuvent-ils faire pour favoriser la résilience de leur enfant ?

Au cours de ces études, les chercheurs ont notamment constaté que presque tous les enfants dotés d'une bonne résilience avaient un lien émotionnel stable et chaleureux avec au moins une personne de référence. Même si l'un des parents n'est pas fiable - quelle qu'en soit la raison -, l'autre parent peut offrir suffisamment de soutien pour stabiliser l'enfant en lui offrant un sentiment de sécurité, en le soutenant par des règles et des limites claires et en lui montrant: "Hé, j'ai confiance en toi !

A propos de la personne

Fabian Grolimund

Le psychologue Fabian Grolimund est directeur de l'Académie pour le coaching d'apprentissage et auteur. Avec ses collègues Stefanie Rietzler et Nora Völker, il a développé la série de films "Ce qui rend les enfants forts".

Les enseignants, les voisins, les tantes ou les grands-pères peuvent-ils également jouer le rôle de cette personne de référence importante ?

Oui, la personne fiable qui confère à l'enfant une part de résilience peut également vivre en dehors de la famille. Les enseignants ont la possibilité d'exercer une influence positive sur l'enfant - car ils font partie des adultes extérieurs à la famille qui voient l'enfant particulièrement régulièrement et fréquemment et avec lesquels les enfants nouent des liens étroits.

Mais les enseignants changent souvent.

Oui, c'est vrai. Mais souvent, cette période est suffisante pour couvrir une phase critique de l'enfant. "A l'époque, en troisième ou en quatrième année, j'avais un professeur qui croyait en moi et qui me soutenait", entend-on parfois. Pour les élèves issus de milieux difficiles, l'école peut être un refuge où ils font des expériences positives, se font des amis et font l'expérience de la compétence selon la devise "Je peux faire quelque chose ! Les grands-parents sont également souvent en mesure de rattraper un enfant - à condition qu'ils s'en occupent régulièrement.

Souvent, les voisins, les marraines ou les entraîneurs voient la détresse d'un enfant. Ils veulent s'engager, mais se sentent dépassés par le temps ...

Il est tout d'abord important de savoir que l'on peut faire une différence dans la vie d'un enfant. Combien de fois entend-on la phrase "Si les parents ne font rien, tout est perdu de toute façon !" Il faut peu d'efforts supplémentaires pour signaler à un enfant: "Je t'accepte !", "Je t'aime bien", "Je suis à ton écoute !", "Je t'aide à résoudre tes problèmes". Ce ne sont souvent que des phrases positives et sincères qui s'ancrent dans l'esprit de l'enfant et l'encouragent à suivre sa propre voie, par exemple "Je remarque que tu es très habile et que tu sais bien bricoler" ou "Je pourrais t'imaginer devenir ingénieur un jour". Il est particulièrement utile de confier des responsabilités à un enfant. C'est une manière concrète de faire confiance à un enfant !

Comment les jeunes deviennent des personnes sûres d'elles-mêmes: Fabian Grolimund, Stefanie Rietzler et Nora Völker expliquent comment cela fonctionne. (Vidéo: zVg/Académie pour le coaching d'apprentissage)